Fedcup : les Américains jouent une version controversée de l’hymne allemand

Ce week-end avait lieu la Fedcup, soit le tournoi mondial féminin de tennis qui opposent les sélections nationales. Alors que les USA accueillaient les Allemandes à Hawaï pour le premier tour de la compétition, les organisateurs ont plutôt fait parler d’eux. En effet, lors du protocole habituel, c’est-à-dire lors de l’entrée des joueuses, l’hymne allemand chanté par un soliste a créé un certain malaise. Grosse boulette pour les Américains qui ont diffusé une version de l’hymne interdite depuis 1945 et la chute de l’Allemagne nazie. Les joueuses et leurs dirigeants se disent scandalisés.

Une histoire de couplets

Comme il est commun dans le sport, les équipes nationales se présentent au public et débutent leur rencontre en entonnant leur hymne respectif. Cependant, ce week-end, la fédération de tennis des Etats-Unis s’est malheureusement illustrée en frôlant un incident diplomatique.

Le soliste désigné pour chanter l’hymne de l’Allemagne a débuté par un premier verset interdit depuis 1945. « Deutschland, Deutschland über alles » ont été les premiers mots de l’homme derrière le micro. Cependant, si on traduit ces paroles, « L’Allemagne, l’Allemagne par-dessus tout », on remarque fortement la connotation nationaliste.

« En Hongrie, lors des Championnats du monde de canaoë-kayak, le protocole avait été marqué par cette même gaffe. »

Pour être plus précis, le « Chant de l’Allemagne » a été écrit en 1841 par August Heinrich Hoffmann von Fallersleben. Utilisé par les nazis pendant le IIIe Reich, la fin de la Seconde Guerre mondiale a notamment marqué la fin de tous les symboles, que ce soient des hymnes ou drapeaux, se rapportant à cette période. Par la suite, et après la réunification des deux Allemagne en 1990, le nouveau gouvernement a repris cette chanson, mais seulement en conservant le troisième couplet. Ces paroles conservées se réfèrent essentiellement aux valeurs démocratiques prônées par la nouvelle Allemagne, soit le Droit et la Liberté.

Devenu hymne officiel de l’Allemagne, ce troisième couplet est le seul à être chanté. Malheureusement, les organisateurs américains de la Fedcup ont fait débuter l’hymne par le premier couplet, controversé et interdit, qui est actuellement perçu comme l’énonciation d’un point de vue d’extrême-droite voire néo-nazi !

Un « scandale inexcusable » pour Barbara Rittner

Lorsque l’on regarde les images de ce protocole, on remarque que les joueuses allemandes et le public a tenté de chanter par-dessus le soliste, les bonnes paroles. Il semblerait que ce couac ait affecté les joueuses de tennis.

Pour Andrea Petkovic (51è au classement WTA), il s’agit de la pire expérience de sa vie. Après sa défaite contre l’Américaine, Alison Riske en simple, elle a notamment déclaré que les organisateurs des USA avaient fait preuve d’ignorance et d’insolence. D’après ses propos, elle a même failli pleurer tout comme ses coéquipières.

Par la suite, la boulette des Américains a aussi fait parler la capitaine de l’équipe allemande de la Fedcup puisqu’elle a déclaré qu’il s’agissait d’un « scandale inexcusable » et qu’il serait difficile de pardonner ce manque de respect.

De leur côté, les organisateurs ont très rapidement présentés leurs excuses dès qu’ils ont eu connaissance de leur erreur. Ils assurent désormais que cela ne se reproduira plus. Même s’il est peut-être déjà trop tard.

Par ailleurs, cette boulette n’est pas une première. En Hongrie, lors des Championnats du monde de canaoë-kayak, le protocole avait été marqué par cette même gaffe. Néanmoins, la médiatisation de cette « affaire » devrait éviter que cela ne se reproduise !